Lexique


A

Achevé d'imprimer
Mention placée à la fin d'un livre et indiquant la date à laquelle l'impression en a été terminée ainsi que, généralement, le nom de l'imprimeur. On y ajoute parfois des indications relatives au nombre d'exemplaires imprimés, au tirage de tête sur différents papiers, au tirage numéroté, aux exemplaires constituent l'édition originale. Le colophon des incunables est l'ancêtre de l'achevé d'imprimer moderne.

Adresse (Adresse bibliographique)
Indication placée généralement au bas de la page de titre d'un ouvrage et donnant le lieu de publication, le nom et l’adresse de l'éditeur ainsi que la date de publication.

Alfa (Papier)
Nom donné à une qualité de papier ayant pour base la plante du même nom. Ce papier est souple et résistant. Mais il est rarement blanc davantage translucide.

Almanachs et Almanachs royaux
Source d’informations et de renseignements utiles pour la vie quotidienne (calendrier détaillé, météorologie, astrologie...). Il s’agit du plus répandu des livres populaires. On distingue, parmi eux, les Almanachs Royaux qui contenaient tous les renseignements administratifs du royaume.

Arches (Papier d')
Arches est un village dans le département des Vosges. Les Papeteries d'Arches y fabriquent, depuis 1492, un papier très pur.

Armes (livre aux)
Livre sur les plats duquel on a poussé au fer à dorer les armoiries de son possesseur. C'est à partir de Charles VIII que les reliures se sont enrichies d'armoiries.

Autographe
Littéralement : « écrit par le personnage lui-même ».

Avant la lettre (Gravure)
Epreuve d'une estampe réalisée avant l'impression du texte que l'on place sous l'image: titre, auteurs, lieu.


B

Bandeau
Ornement décoratif en tête de la page.

Bibliographie
Ouvrage qui recense les livres publiés sur un sujet ou un auteur donné, et leurs diverses éditions, qui permet de les connaître, d’approfondir une recherche, de vérifier. Il en existe des milliers, sur tous les sujets. C’est au travers de ces ouvrages de référence que vous apprendrez à connaître le nombre exact de gravures que comportait tel ouvrage lors de sa parution, à identifier les éditions originales et chacune des éditions suivantes, dont la valeur va, en général, en décroissant. (Par exemple, le Manuel du libraire et de l’amateur de livres de Jacques-Charles Brunet, le Trésor du bibliophile romantique et moderne de Léopold Carteret,...).

Bibliophile et Bibliophilie
« Une personne qui aime, recherche et conserve avec soin et goût les livres rares, précieux » (Le Petit Robert).
La bibliophilie est toujours une passion créative, car l’amateur forme son goût petit à petit et constitue ainsi, en se faisant plaisir, un ensemble qui prendra sa signification au fil des acquisitions.

Bouffant (Papier)
Sorte de papier vergé et épais à la surface rugueuse, d'une très grande légèreté.

Bradel (Reliure à la)
Inventé vers 1775 par le relieur Pierre-Jean Bradel. Le bradel est une forme de reliure dans laquelle les cartons sont placés en retrait des mors formant ainsi des sillons facilitant l'ouverture du livre. Ce cartonnage, couvert de papier et/ou de toile, n'était à l'origine qu'une reliure provisoire, en attente de la reliure définitive.

Broché
Livre dont les cahiers, cousus, sont presque toujours recouverts d’une simple couverture de papier.

Brochure
Imprimé comportant un nombre restreint de pages et toujours non relié.


C

Cahier
Feuille ou partie de feuille de papier qui, après pliure, forme un tout et porte une signature permettant l'assemblage. Un livre est constitué de plusieurs cahiers assemblés et cousus ensemble.

Carton
Feuillet réimprimé en cours de tirage et en remplaçant un autre, fautif ou censuré. Très présent aux XVIIe et XVIIIe siècles. L'éditeur devait alors faire réimprimer certaines pages qui étaient substituées aux pages correspondantes du texte primitif. Ces nouveaux feuillets se nomment cartons. On dit d’un exemplaire qu’il est cartonné ou non cartonné (ou aussi « avant les cartons »).

Charnière
Articulation entre le dos et les plats.

Chine (Papier de)
Papier de teinte légèrement grisâtre fabriqué à partir d'herbes et de plantes fibreuses telles que le chanvre, le jute, le fin, la ramée (herbe chinoise), le rotin, le bambou, le roseau, les tiges de riz et du blé et les fibres de graines telles que le coton. La fabrication du papier en Chine remonterait à l'an 105 de notre ère.

Collation
Description physique du livre qui détaille sa pagination et ses planches. Elle permet ainsi de s’assurer qu’il est bien complet.

Colophon
Du grec kolophôn, « fin, terminaison ». Note imprimée ou manuscrite, à la fin d’un ouvrage, indiquant les éléments matériels de l’édition. Dans un livre ancien, et avant l’apparition de la page de titre, il rassemblait les indications sur l’édition : auteur, titre, imprimeur, date, etc. Pour les livres modernes, on dit « achevé d’imprimer ».

Coiffe
Rebord incurvé qui surmonte le dos du volume, en tête et queue.

Cul-de-lampe
Figure gravée ou typographique centrée en fin de chapitre.

Curiosa
L’un des thèmes du livre ancien, qui concerne les ouvrages légers, licencieux, ou érotiques. Les auteurs sont souvent anonymes ou cachés derrière des pseudonymes, les éditeurs et années d’édition sont souvent fictifs. Les écrivains et les artistes ont apporté de tout temps leur contribution à ce genre de production.


E

Eau-forte
Procédé de gravure en creux. Sur une plaque de cuivre enduite de vernis, un artiste dessine une composition à l’aide d’une pointe d’acier. La plaque est soumise à un bain d’acide (« eau forte ») qui creuse le cuivre là où le vernis a été entamé par la pointe. Le cuivre débarrassé de son vernis est encré. L’encre logée dans les parties entamées de la plaque se reporte sur le papier par forte pression (presse en taille-douce, distincte de la presse typographique). Voir aussi « taille-douce ».

Édition
Ensemble du tirage d’un ouvrage. Parfois, pour laisser croire au public à un grand succès, certains éditeurs ont apposé sur une partie de la première édition des mentions fictives d’édition (Deuxième édition, Troisième, etc.). Par exemple Notre Dame de Paris de Victor Hugo. Voir « édition originale ».

Édition originale
Première publication d’un ouvrage en librairie généralement faite sous le contrôle ou avec le consentement de l’auteur (à l’exception, bien sûr, des publications posthumes). Elle est particulièrement recherchée. Voir aussi « première édition ».
Dans le cas d’une publication antérieure dans une revue, on parle d’édition « pré-originale ».

Émission
Ensemble d’exemplaires d’une même édition caractérisés par le moment où ils sont mis en vente. Divers éléments matériels permettent de les distinguer : titre de relais, couverture, mention fictive d’édition, etc. Par exemple, Les Chants de Maldoror ont été publiés en 1869 (première émission), puis, s’étant alors mal vendus, remis en vente en 1874 (deuxième émission).

Enfer
« Département d'une bibliothèque où sont déposés les livres interdits au public. » (Le Robert). « L'Enfer de la Bibliothèque Nationale, créé par ordre du Premier Consul, n'est pas, comme on l'imagine communément, une salle spéciale où de rares privilégiés sont admis à consulter des ouvrages défendus. C'est une petite bibliothèque contenant environ neuf cents volumes, desquels une douzaine passent les bornes de l'extrême licence, et dont le reste est assez bizarrement composé de recueils gaillards, de romans légers, de pamphlets débraillés, (...) : toute chose, enfin, qu'un honnête homme peut posséder parmi ses collections sans être taxé d'infamie. (...) On a longtemps prétendu, pour justifier l'appellation d'Enfer, que les livres qui l'enrichissent avaient été primitivement destinés au feu. Il est plus juste de dire que sur les ouvrages jadis condamnés au feu, il fut prélevé des exemplaires en témoignage justificatif du jugement. ». Préface de « L'Enfer de la Bibliothèque Nationale », par Apollinaire, Fleuret, Perceau. Nouvelle éd., Paris, 1919.

Enluminure
Illustration ou décoration à la main de manuscrits ou plus rarement de certains imprimés précieux. On emploie aussi le terme de « miniature » ou plus généralement aujourd’hui de « peinture ».

Envoi
Dédicace autographe de l’auteur. Elle est un facteur d’intérêt et de valorisation de l’ouvrage. Voir aussi « ex-dono ».

Épreuves
Premières versions d’un texte imprimé soumises à l’auteur ou à l’éditeur pour corrections. Les exemplaires d’épreuves très corrigées, par Balzac ou Proust par exemple, peuvent être considérés comme des manuscrits.

Estampe
Gravure imprimée par n’importe quel procédé (bois, cuivre, pierre, acier, linoléum...). Elle peut être unique (monotype) ou à tirage très restreint. Voir aussi « gravure », « lithographie », « eau-forte ».

État
Version d’une même édition ou d’une même planche (pour les estampes) qui peut différer des autres par des ajouts ou des suppressions parfois minimes.

Ex-dono
Inscription manuscrite portée sur un livre pour l’offrir, mais qui, par opposition à « l’envoi », n’est pas forcément de la main de l’auteur.

Exemplaire de tête
Voir « Grands papiers ».

Ex-libris
Signifiant littéralement « d’entre les livres », c’est un signe de propriété. Ce peut être une inscription manuscrite, un simple carré de papier, une étiquette imprimée ou gravée, portant des initiales, un symbole, des armes, un nom... Il est en général apposé au verso du plat d’un volume. De nombreux artistes ont gravé des ex-libris : Gavarni a dessiné celui des Goncourt figurant deux doigts d’une main allongés sur une feuille de papier où se trouvent les initiales E et J (unis comme les doigts de la main).


F

Fascicule ou livraison
Partie d’un ouvrage dont la publication est étalée dans le temps. À la fin de la parution, on peut relier l’ensemble en volumes. Cela s’est beaucoup fait au XIXe siècle.

Faux-titre
C’est l’abrégé du titre imprimé sur le feuillet précédant le titre. Il apparaît au XVIIe siècle.

Filigrane
Le filigrane ou marque d’eau est l’empreinte laissée dans la feuille de papier lors de sa fabrication et visible par transparence. Il est la marque du fabricant.

Format
Un livre est généralement rectangulaire dans le sens de la hauteur, il peut l’être aussi dans le sens de la largeur (format oblong ou à l’italienne).
Le format d’un livre s’exprime rarement en centimètres mais plutôt en fonction du pliage de la feuille fournie par le papetier à l’imprimeur.
La grande feuille non pliée sur laquelle on imprime 2 pages est dite « in-plano ».
Une feuille pliée en deux (4 pages) donne un format « in-folio » (environ 50 cm),
une feuille pliée en quatre (8 pages) est un « in-quarto » (in-4) (environ 30 cm),
en huit (16 pages) est un « in-octavo » (in-8) (moins de 25 cm).
On trouve aussi des formats « in-douze » (in-12), « in-seize » (in-16), « in-vingt-quatre » (in-24), « in-trente-deux » (in 32).
À noter que la dimension des feuilles, donc celle des formats, a évolué au cours des temps, ou selon les lieux, en fonction de l’industrialisation de la fabrication du papier.

Frontispice
Composition gravée ou imprimée placée, en général, en regard du titre.


G

Gardes
Feuillets de papier, généralement blanc, parfois décorés, placés ou collés en tête et en fin d’un volume pour assurer la liaison entre la couverture (ou la reliure) et le corps de l’ouvrage. Dans des exemplaires luxueux, le relieur peut également utiliser des matériaux précieux (peau, étoffes, etc.) pour les gardes.

Grands papiers
De tout temps, les éditeurs ont voulu distinguer des exemplaires de luxe : à l’origine, avec de plus grands formats, d’où l’appellation « grands papiers ». Avec aussi des tirages restreints et numérotés, imprimés sur des matières nobles (peau de vélin et papier de Hollande pour les livres anciens, papier de Chine, du Japon et aussi papier de Hollande plus tard). Ces « grands papiers » sont aussi appelés « exemplaires de tête » ou « tirages de tête ». Étant beaucoup plus rares et en nombre restreint, ils sont recherchés.

Gravure originale
L’élément imprimant (cuivre, acier, zinc, pierre, bois) doit avoir été dessiné et gravé de la main même de l’artiste. Le nombre des épreuves est d’ordinaire indiqué. Lorsqu’elles sont intégrées à un livre, « la justification » du tirage se trouve à la fin de l’ouvrage. Ce tirage est, en général, exécuté par des artisans hautement qualifiés d’après le « bon à tirer », ou épreuve définitive, approuvé par l’artiste. Voir aussi « estampe » et « taille-douce ».


H

Hollande
Papier de luxe fort et vergé.

Hors-texte
Illustration imprimée, indépendamment du texte, et insérée par la suite, par le brocheur ou le relieur. Elle peut comporter une légende. Si elle es imprimée avec le texte, elle est dite « in texte ».


I

Illustré moderne
Principalement du XXe siècle. De nombreux grands peintres acquirent une considérable notoriété grâce aux illustrés modernes. Le mouvement surréaliste en témoigne.

Incipit
Mot latin signifiant « ici commence ». On désigne ainsi les premiers mots d'un ouvrage.

Incunable
Du latin incunabulum, qui signifie « berceau, commencement ». Ce terme désigne tout ouvrage datant de l'origine de l'imprimerie (1454) jusqu'à l'année 1500 comprise (plus précisément le mois de mars 1501, car l'année calendaire commençait à Pâques).


J

Jaquette
Chemise de protection amovible d'un livre comprenant deux rabats repliés sur les contre plats de la couverture. Également conçue à des fins publicitaires.

Justification
Largeur de l’impression typographique.

Justification de tirage
Elle apparaît au XVIIIe siècle. Placée au début ou à la fin d’un volume, c’est l’indication donnée par l’éditeur du tirage d’une édition, spécifiant les différents types d’exemplaires publiés et de papiers utilisés.


L

Lettre (Avant la)
Se dit d'une épreuve, d'une gravure ou d'une estampe tirée avant qu'on ait placé au bas l'inscription qui en indique le sujet et par conséquent avant que la planche ne soit usée par le tirage.

Lettrine
Lettre ornée placée au début d'un chapitre ou d'un paragraphe.

Libelle
Écrit court et polémique.

Lithographie
Mise au point au début du XIXe siècle. L’élément imprimant est une pierre calcaire sur laquelle l’artiste dessine au crayon ou à l’encre grasse. La pierre et le papier passent ensuite sous la presse. Voir aussi « estampe ».

Livre de raison
Sorte de journal tenu jadis par les chefs de famille.

Livre ancien
Par convention, un livre imprimé avant 1800.

Livre de peintre
Il unit auteurs et artistes peintres, et par ce terme on désigne généralement les livres illustrés de gravures originales par de grands artistes.

Livre moderne
Par convention, un livre imprimé à partir de la fin du XIXe siècle.

Livre-objet
Création plastique dont le livre n’est qu’un des éléments. Il a fait son apparition dans les années 1950.Livre romantique
Par convention, un livre imprimé autour des années 1810/1820 et jusque vers 1860/1880.

Livre truffé
Livre dans lequel on a incorporé des documents : portraits, dessins originaux, états intermédiaires de gravure, prières d’insérer, lettres.

Livres d'Heures
Sous ce nom, on publiait à Paris des ouvrages manuscrits richement enluminés avant l'invention de l'imprimerie ; puis ceux-ci furent imprimés à la fin du XVIe siècle.


M

Manchette
Texte écrit ou imprimé en marge d’une page et résumant le contenu d’un chapitre ou d’un paragraphe.

Minuscule
Livre de très petit format, ne dépassant pas, en principe, 70 millimètres de hauteur.

Miscellanées
« Recueil d’écrits divers, du latin miscellanea, choses mêlées » (Le Robert Historique).

Monogramme
Composition graphique formée de la réunion de plusieurs lettres d'un nom, entrelacées en un seul caractère.

Mors
Saillies longitudinales dans lesquelles se logent les cartons des plats.


N

Nerf
Saillies qui se remarquent au dos des livres et qui sont produites par les nerfs. Les nerfs sont les ficelles sur lesquelles on fait passer la couture et qui relient les cahiers ensemble. A l'origine, ces nerfs étaient de véritables boyaux roulés. Puis on utilisa des ficelles de chanvre ou de fouet. Aujourd'hui, les nerfs que l'on voit au dos des livres sont en fait de faux-nerfs. Les cahiers du livre étant grecqués, la ficelle autour de laquelle on tourne le fil de lin lors de la couture ne fait plus saillie au dos. Les nerfs que l'on retrouve sont moulés sur des bandes de cuir ou de carton.


O

Onglet
Bande de papier ou de toile cousue en même temps que les feuillets d'un livre et destinée à recevoir par encollement une carte ou une gravure.


P

Papier
La qualité du papier est un élément décisif de l’effet d’une typographie et d’une gravure, d’où son importance pour les amateurs. La matière première (souvent des chiffons) doit être mise en charpie et subir un pourrissage avant d’être réduite en pâte par les maillets du moulin.

· Le papier de Chine provient de l’écorce de bambou. Il est très fin, légèrement gris. Certains estiment qu’il rend comme nul autre toutes les nuances de la gravure.
· Le papier de Hollande était à l’origine un papier vergé, d’excellente qualité et fabriqué en Hollande. Au XXe siècle, il existe aussi un papier vélin de Hollande.
· Le papier du Japon est fabriqué avec l’écorce du mûrier ou d’autres végétaux japonais. Il est très apprécié. Il existe en trois qualités (japon ancien, japon impérial et japon nacré) qui offrent des tonalités différentes.
· Le papier de Madagascar est issu de végétaux cultivés dans cette île. Il ressemble au japon et il est moins coûteux.
· Le papier vergé : son nom provient des traces (vergeures) laissées en filigrane lors de sa fabrication.
· Le papier vélin inventé par Baskerville en 1750, très lisse et sans vergeure, permet un bien meilleur tirage des textes et des gravures.
· Les « Arches », « Lafuma », « Rives », « Montval », « Auvergne », papiers de qualité, doivent leur nom aux moulins à papier qui les fabriquaient.

Papier de garde
Papier de couleur, marbré, garnissant les plats intérieurs, le recto de la première page et le verso de la dernière
page d'un livre.

Papier parchemin
Papier sulfurisé ayant l'aspect du parchemin.

Planche
Illustration hors-texte, quel que soit le procédé d’impression.

Pièce de titre
Petit morceau de peau collé au dos d'une reliure sur lequel sont inscrits le nom de l'auteur et le titre. Elle peut être d'une peau et d'une couleur différentes de celles de la reliure.

Placard
Ouvrage se composant d'une seule feuille ou d'un fragment de feuille, formant 2, 4, 8 ou 16 pages.

Planche
Estampe tirée à l'aide d'une planche gravée.
Livre orné de planches : livre orné d'un ensemble d'illustrations couvrant une page entière ou la majeure partie de celle-ci.

Plat
Cartons formant la couverture d'un livre relié et sur lesquels est appliquée la matière de recouvrement : cuir, toile, papier marbré, etc. On appelle contre plat le verso d'un plat.

Pontuseaux
Dans la fabrication des papiers à la forme, ce sont les barres qui soutiennent les fils de laiton de la forme. Ils produisent des filets blancs verticaux dans les filigranes des papiers vergés. Ils croisent les vergeures et sont bien plus espacés.

Pochoir
Procédé manuel de mise en couleurs. Le coloriage se fait à travers une fenêtre en carton, zinc, cuivre ou aluminium, découpée selon les contours de la couleur choisie. Les couleurs sont passées au pinceau ou à l’aide d’une brosse, les unes après les autres ou par superposition.

Préfaçon
Édition sauvage d’un texte, parue avant l’édition originale préparée par l’auteur. Elle était fabriquée généralement en Belgique au XIXe siècle à partir de textes ou feuilletons parus dans des périodiques (édition pré-originale).

Première édition
C’est la première édition dans l’ordre chronologique. Ce n’est pas nécessairement l’édition originale, si elle n’a pas été effectuée sous le contrôle de l’auteur. Voir « édition originale ». Dans le cas d’une traduction, on dira « première édition française ».


Q

Queue
Tranche inférieure d'un livre.


R

Réclame
Mot ou syllabes de mot imprimés autrefois au-dessous de l'extrémité de la dernière ligne d'une feuille et répétés au commencement de la feuille suivante pour faire connaître l'ordre exact des pages et des feuilles.

Réglé (Ouvrage)
Se dit d'un livre dont le texte est entouré de filets plus ou moins ornés.

Ré-imposition
Les tirages de luxe d'un format plus grand que celui des exemplaires ordinaires sont dits "ré-imposés". Ce changement est obtenu par l'emploi de formes plus grandes.

Re-emboîtage
Réunion du corps d'un ouvrage et d'une reliure qui n'est pas la sienne.


S

Service de Presse
Livres réserves à la presse écrite à l'origine, mais diffusés à tous les médias par la suite. Généralement il comporte les initiales S.P.(service presse) en piqûres pointillées sur l'extérieur du livre. Ils sont recherchés par certains amateurs car ils font souvent partie de l'édition originale.

Signature
Marque distinctive imprimée au bas de certains feuillets, destinée à faciliter le bon ordre de l’assemblage des cahiers. C’est généralement une ou plusieurs lettres suivies de chiffres.

Scriptorium
Dans les monastères, pièce réservée aux copistes.

Suite
Série de gravures, en général d’un même artiste. Plus fréquemment, de nos jours, une série de gravures accompagnant un livre, tirée à un petit nombre d’épreuves, souvent en différents états et sur des papiers différents.


T

Taille-douce
Terme qui regroupe toutes les techniques de gravure sur cuivre : eau-forte, pointe sèche, burin. Voir aussi « gravure ».

Tête (Exemplaire de)
Exemplaire d'un livre tiré sur beau papier avant que le plomb ne soit écrasé et que les caractères perdent leur netteté. Ce tirage, toujours plus luxueux que le tirage courant, porte souvent la mention « Édition originale » et devient fort prisé des bibliophiles.

Tirage
En gravure, c’est le nombre déterminé d’épreuves obtenues à partir de la même matrice.
Pour le livre, le tirage est l’ensemble des exemplaires d’un ouvrage imprimés en une seule fois. C’est à partir de la seconde moitié du XIXe siècle que les bibliophiles ont suscité des tirages limités et numérotés, sur un ou plusieurs beaux papiers. Voir aussi « justification de tirage » et « suite ».

Tiré à part
Impression séparée, à tirage restreint, d’un texte paru dans une revue ou un recueil collectif. Il constitue souvent la véritable édition originale (dite « pré-originale ») d’un texte.

Titre
On entend généralement par « titre » la page comportant les éléments matériels permettant d’identifier l’ouvrage : l’auteur, le titre du livre, l’illustrateur, l’éditeur, les date et lieu d’édition, etc. Il est souvent précédé d’un feuillet de faux-titre qui donne, presque toujours, le titre seul, simplifié.
Titre de relais : pour écouler une partie d’invendus d’un ouvrage, on remplace le titre par un nouveau feuillet de titre, appelé alors « titre de relais » (voir « émission »).

Titre courant
Rappel parfois abrégé du titre de l’ouvrage placé dans la marge supérieure de chaque page.

Tomaison
Indication du tome auquel appartient chaque feuille d'un ouvrage composé de plusieurs volumes. Le titre de chacun des tomes porte généralement la tomaison.

Tome
Division « intellectuelle » d'un ouvrage d'après son contenu (comme le livre, le chant ou le chapitre), qui correspond le plus souvent à un volume complet ; un tome peut être en deux volumes, ou inversement, un volume peut contenir plusieurs tomes.

Tranche
Chacun des trois côtés d'un livre. On parlera de tranche de tête (ou supérieure), tranche de queue (ou inférieure), et de gouttière (ou tranche latérale). Elles peuvent être rognées, marbrées, ébarbées, dorées.

Tranchefile
Mot féminin : la tranchefile. Broderie en fils de soie de couleurs placée en tête et en queue du corps d'ouvrage. Ce petit bourrelet entouré de fils, garnit et renforce le haut et le bas du dos d'une reliure afin de maintenir les cahiers assemblés; il renforce par ailleurs les coiffes. Dans les reliures à dos brisé, il empêche la poussière de s'infiltrer entre le corps d'ouvrage et le dos de la reliure.
Comète : tranchefile industrielle.
Tranchefile simple : tranchefile fait-main, constitué d'un seul bâtonnet.
Tranchefile chapiteau : fait-main, constitué de deux bâtonnets superposés.

Typographie
Procédé d'impression sur formes en relief (caractères mobiles, gravures, clichés).


V

Vélin (Papier)
Papier sans grain, lisse et satiné, ressemblant au véritable vélin.
Se dit aussi en général de tout papier qui n'est pas vergé.

Vergé
On appelle papier vergé celui qui laisse apercevoir par transparence les empreintes des fils métalliques (vergeures et pontuseaux) formant le fond du moule dans lequel il a été fabriqué. La même texture est donnée à des papiers (à la mécanique) qui portent le nom de vergé.

Vergeures
Fils de laiton, très serrés et parallèles, placés en longueur, constituant une sorte de toile métallique destinée à retenir la pâte dans la fabrication du papier à la main.

Vignette
Petite gravure placée en tête ou à la fin d'un livre ou d'un chapitre.

Volume
Livre relié ou broché. Division « matérielle » d'un ouvrage ; par exemple, 3 tomes en 2 volumes.


Sources bibliographiques

Académie française - Dictionnaire. Paris, huitième, (1932-1935)
Billoux, René - Encyclopédie Chronologique des Arts Graphiques. Paris, Par l'auteur. Cim, Albert - Le livre. Paris, Flammarion, 1923.
Docteur Fontaine, Jean-Paul - L'aventure du livre. Du manuscrit médiéval à nos jours. Paris, Bibliothèque de l'Image, 1999.
Galantaris, Christian - Manuel de Bibliophilie. Paris, Editions des Cendres, 1997.
Littré, Emile - Dictionnaire. Paris, 1872, supplément de 1876.
Malcles, L.-N. - Manuel de bibliographie. Paris, P.U.F., 1963.
Robert, Paul - Le Robert., Paris, 1972.
Syndicat national de la Librairie Ancienne et Moderne 4, rue Gît-le-Cœur F-75006 Paris